10 questions à se poser avant de devenir brasseur

Dois-je suivre une formation spécifique avant de m’installer ? Laquelle ?

Même si le métier de brasseur reste libre d’accès, une formation préalable à l’installation est fortement recommandée.

En concertation avec les chambres de métiers et de l’artisanat,  les organisations professionnelles ont œuvré ensemble pour donner naissance au titre de brasseur de niveau 3 (équivalent à un CAP/BEP) inscrit depuis avril 2023 au Répertoire national de la certification professionnelle (RNCP). En avril 2026, il a été renouvelé pour 3 ans.

Il constitue une reconnaissance d’un niveau de qualification dans un métier pour les (futurs) chefs d’entreprise ou salariés de brasseries. La formation peut être financée par votre OPCO (dans la majorité des cas, il s’agit d’OCAPIAT).

Ce titre permet en outre à son détenteur d’accéder à la qualité d’artisan sans attendre 3 années d’exercice professionnel.


A ce jour, il existe sept centres de formation au titre de brasseur en France labellisés par les CMA régionales :

  • IFBM (Nancy – 54) lien ici
  • L’ENILBIO (Poligny – 39) Lien ici
  • Lycée Biotech Wagnonville (Douai – 59) lien ici
  • The Brew Society / TBS distribution (Rouen – 76) : lien ici
  • La Beer Fabrique / Triple I (Paris – 75, Lyon-69 et Toulouse-31) : lien ici
  • La Houblonnière des talents (Lezennes – 59) : lien ici
  • CMA Bretagne avec les formateurs de l’IFBM : lien ici

Ils sont tous certifiés Qualiopi.

L’université de la Rochelle dispense une formation pour l’obtention d’un Diplôme d’Université « Opérateur de brasserie » : lien ici

Vous pouvez aussi trouver d’autres formations et centres de formation référencé sur Datadock 

La formation en présentiel :

Les formations en présentiel – dont le titre Brasseur – offrent des ressources et des outils qu’il est difficile de retrouver dans les formations en ligne. Cela inclut, entre autres, les manipulations d’équipements, les échanges avec les formateurs, les visites de brasseries et les dégustations.

Quelles autorités dois-je avertir de mon projet ?

1. La chambre des métiers et de l’artisanat lorsque la brasserie a une activité relevant de l’artisanat telle que la fabrication de bières (code 1105Z) et et qu’elle répond aux critères d’une entreprise artisanale à sa création (pas plus de 10 salariés sauf exception).

2. Les douanes, l’obtention du statut d’entrepositaire agréé étant indispensable pour démarrer toute production de bières destinées à être commercialisées. Seul un brasseur amateur qui envisage uniquement d’écouler sa production auprès de son cercle familial et de ses invités est exempté de ce statut.

https://www.douane.gouv.fr/demarche/obtenir-lagrement-dentrepositaire-agree

Consulter la liste des bureaux des douanes.

3. Le maire de la commune, pour obtenir :

  • une autorisation de déversement des effluents de la brasserie dans le réseau de la commune (si celle-ci est raccordée, bien sûr). Un document sur la gestion des effluents en brasserie a été élaboré par l’ENIL et Brasseurs de France.
  • Une licence de débit de boissons adaptée aux modalités de vente envisagées (voir précisions à la question Quelles sont mes obligations pour commercialiser un produit alcoolisé ?)

4. La chambre de commerce et d’industrie, lorsque la brasserie relève d’une activité non artisanale telle que « grossiste en boissons (code 4634Z) ou a une activité artisanale avec plus de 10 salariés à sa création (sauf exception).

5. La Direction Départementale (de la Cohésion Sociale et) de Protection des Populations ou DD(CS)PP, notamment lorsque la brasserie envisage de céder des coproduits (drèches, levures) à des opérateurs de la chaîne de l’alimentation animale (éleveur, fabricant de produits d’alimentation animale…) afin d’être enregistré. Retrouvez les coordonnées de votre DD(CS)PP sur le site internet suivant : lien

Comment dois-je concevoir mon local de brassage ? Comment dimensionner mon matériel ?

Dès la conception de la brasserie (locaux, équipements…), la sécurité sanitaire doit être prise en compte afin d’optimiser la mise en œuvre des bonnes pratiques d’hygiène et de réduire les risques à un niveau acceptable. Les grands principes à respecter sont communs aux autres installations agroalimentaires (Règlement 852/2004). La brasserie doit élaborer son plan de maîtrise sanitaire en tenant compte de ses matières premières, ses équipements, ses procédés de fabrication…

Brasseurs de France a élaboré un guide de Bonnes Pratiques d’Hygiène en 2001 validé par l’administration. Il est disponible sur le site de la Direction Générale de l’Alimentation.  

La gestion des coproduits (drêches, levures) est également à prendre en compte dans la conception des locaux (accessibilité, grille de récupération, …) et plus généralement dans le plan de maîtrise sanitaire (conditions de conservation, traçabilité…).

Les lieux de travail doivent également être conçus et aménagés de façon à garantir la sécurité des salariés (ventilation, éclairage, température, aménagement du poste de travail…)

En ce qui concerne la dimension, tout dépend du projet initial.

Où dois-je déposer ma ou mes noms de marques ? Puis-je donner n’importe quel nom à ma brasserie et à ma / mes bières ?

Il est fortement conseillé de déposer la raison sociale, ses marques commerciales à l’INPI ainsi que ses noms de domaine auprès de l’AFNIC après avoir vérifié leur disponibilité sur la base des dénominations sociales et marques déjà enregistrées.

Pour l’ensemble de ces éléments, il existe des principes généraux à respecter pour être valablement enregistrés et des critères complémentaires en lien avec le respect de la loi Evin qui réglemente la communication sur les boissons alcoolisées.

Comment rendre mes étiquettes conformes à la réglementation ?

D’une manière générale, une étiquette doit donner une information loyale au consommateur.

A minima, elle doit comporter les mentions obligatoires suivantes rédigées en français et dans une taille minimale de 1,2 mm (sauf exception pour l’indication du volume)

boisson alcoolisée > alc. 1,2 % vol.
(ex : bière, bière à la framboise)
Boisson non alcoolisée ≤ alc. 1,2 % vol.
(ex : bière sans alcool, panaché)
Dénomination de la boissonXX
Titre alcoométriqueXOPTION
Message sanitaire à destination des femmes enceintesX_
Volume netXX
Liste des ingrédients (dont quantité de certains ingrédients)OPTIONX
Liste des allergènesX (précédée de la mention « contient : »X (dans la liste d’ingrédients avec mise en avant)
Indication du lot de fabricationXX
Date de durabilité minimale + conditions de conservationXX
Nom ou raison sociale, et adresse du responsable de l’informationXX
Déclaration nutritionnelleOPTIONX
Info-tri (sur les emballages ménagers hors verre)X (sauf emballages ménagers en verre)X (sauf emballages ménagers en verre)

Les quatre premières mentions doivent figurer dans le même champ visuel.

D’autres mentions peuvent être obligatoires, au cas par cas (origine, présence d’édulcorants…) et des mentions volontaires peuvent également être utilisées et devront pouvoir être justifiées en cas de contrôle.

La DGCCRF a rédigé en collaboration avec Brasseurs de France une fiche étiquetage qui donne les grandes lignes réglementaires :https://www.economie.gouv.fr/files/files/directions_services/dgccrf/consommation/Fiche-tout-savoir-etiquetage-bieres.pdf

Brasseurs de France a également conçu un memento étiquetage très complet et précis à destination des brasseurs. Ce memento, disponible sur demande, a été relu par l’administration.

Quelles sont mes principales obligations pour commercialiser un produit alcoolisé ?

Depuis le 1er juillet 2025, toute brasserie se livrant à la vente au détail des bières issues de sa production en tous lieux à l’exception de tous les établissements d’activités physiques et sportives n’a plus besoin de posséder une des licences prévues par le code de la santé publique : licence 3 ou licence 4, (petite) licence restaurant) et (petite) licence à emporter.

D’autres autorisations ou déclarations peuvent en revanche être nécessaires pour ouvrir un tel établissement (établissements recevant du public, etc.).

Néanmoins, si la brasserie veut vendre d’autres boissons alcooliques (bières d’autres brasseries, autres boissons alcooliques), il reste nécessaire d’avoir une licence adaptée.

Il est interdit de vendre des boissons alcoolisées à des personnes mineures et des éthylotests doivent être disponibles à la vente dans un débit de boisson à emporter.

La publicité sur les boissons alcoolisées est strictement encadrée par la loi Evin. Pour vous accompagner, Brasseurs de France a réalisé avec la FFS, la FFVA et Vin & société, un outil de formation en ligne à pour connaître les rudiments de la loi Evin : « Loi Evin, mode d’emploi ».

Comment financer ma brasserie ?

Différents interlocuteurs peuvent vous aider :

Enfin, pour retrouver toutes les aides disponibles pour vos entreprises, n’hésitez pas à vous rendre sur ce site :

https://www.aides-entreprises.fr/

Est-il obligatoire d’avoir un local et du matériel ?

Pour débuter l’élaboration d’une bière il est indispensable de disposer de son matériel même s’il est possible de coopérer également avec une brasserie qui mettra à disposition son matériel.

Pour rappel, Il existe également un taux réduit, applicable sous condition aux bières brassées par des petites brasseries indépendantes qui produisent moins de 200 000 hl.

On entend par « petite brasserie indépendante », une brasserie qui répond aux critères cumulatifs suivants, à savoir :

  • qui produit annuellement moins de 200 000 hectolitres de bière,
  • qui est juridiquement et économiquement indépendante de toute autre brasserie,
  • qui utilise des installations physiquement distinctes de celles de toute autre brasserie,
  • et qui ne produit pas sous licence.

Pour en savoir plus nous vous invitons à consulter les douanes

Il existe des salons professionnels en France où retrouver des fournisseurs de matériels etc. :

Salon du Brasseur

Il était une brasserie

Bradis

Journée BtoBeer

Etc.

Dois-je prendre contact avec les acteurs de mon territoire ?

Oui, il est important de prendre contact avec l’écosystème politique et économique de votre territoire pour faire connaitre votre entreprise et son rôle sur le territoire, mais aussi pour les alerter en cas de difficultés pour qu’ils vous indiquent les services publics compétents

Il peut s’agir des chambres des métiers, de la CCI ou des élus.

Vous pourrez ainsi les inviter au lancement de votre brasserie et à tous les évènements importants de la vie de votre entreprise. Se faire connaitre c’est participer à la vie locale et s’inscrire pleinement dans les projets de votre territoire ! Nous avons à votre disposition une plaquette pour présenter la filière brassicole au niveau régional.

Notre conseil :

N’hésitez pas à aller à la rencontre d’autres professionnels de la filière (de l’épi au demi), lors des salons, forums, tables rondes, conférences, dans les brasseries et sur les réseaux sociaux.

Cette liste n’est pas exhaustive, l’équipe de Brasseurs de France est entièrement à votre disposition si nécessaire.

L’essentiel du futur brasseur

Demandez le pack « l’essentiel du futur brasseur »